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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 07:48

En mars et avril 2014, deux sessions de formation de 3 jours sur la « bientraitance » furent organisées dans nos services en collaboration avec le SAIDV, (service de soutien à domicile pour enfants déficients visuels), SESSAD faisant partie de notre association des PEP 60. Une quarantaine de professionnels bénéficièrent de ces temps de formation.

La référence première sur cette notion est évidemment la recommandation de bonnes pratiques professionnelles de l’ANESM émise en juillet 2008.

http://www.anesm.sante.gouv.fr/IMG/pdf/reco_bientraitance.pdf

http://www.anesm.sante.gouv.fr/IMG/pdf/Anesm_synthese-bientraitance.pdf

http://www.anesm.sante.gouv.fr/IMG/pdf/lettre_de_mission_bientraitance.pdf

L’intérêt de cette formation était multiple.

La nouvelle obligation de formation des médicaux et para médicaux dans le cadre du DPC (développement professionnel continu) nous forçait a trouver une thématique commune à l’ensemble des professionnels et rentrant dans ce DPC. La bientraitance était une bonne piste pour commencer ces actions de DPC.

Ensuite, la réecriture du projet d’établissement de l’EMP de Voisinlieu nécessitait que cette notion soit approfondie afin de nourrir cette réecriture.

Enfin, nos interrogations actuelles tournent autour du sens de nos actions et de leur finalité. A quoi servent nos actions si elles n’apportent pas un mieux être ou un mieux vivre des bénéficiaires ? La notion de bonheur ou sa transcription réglementaire « amélioration des conditions de vie de l’usager » est floue quand il s’agit d’accompagner un projet de vie. En quoi sommes nous dans une imposition de nos représentations du « mieux » pour l’enfant ? comment aider la famille et le jeune a mieux définir leurs attentes, comment respecter le jeune et sa famille dans leur singularité et leurs désirs sans poser de jugement hâtifs et moraux ou penser à leur place ? Le risque permanent de nos actions est de faire comme l’école, d’imposer un programme d’actions, des mises en œuvre, de porter des jugements moraux, tout cela au nom du « bien » de l’enfant. A l’école, il faut avoir de bonnes notes dans toutes les matières, avoir un comportement « scolaire » et sociale, suivre le rythme du groupe, avoir un projet de formation sans pouvoir l’appliquer avant un age avancé. L’individualisation du service scolaire est minimum faute de moyens mais également car il est contraire à la philosophie du système scolaire. Dans le médico social, ou l’école est présente, et ou la représentation scolaire de l’accueil est agissante, sommes nous finalement au service des bénéficiaires ou au services du payeur, soit de l’état ? cette interrogation qui peut surprendre est récurrente car les intérêts du jeune ne sont pas forcement ceux de la société. Un exemple fréquent est celui de l’orientation. La poursuite du parcours dans le médico social a un coût élevé, tant sur un plan financier qu’humain. La logique du législateur est de réduire au maximum cette poursuite des accompagnements ou accueil sur des motifs éthiques (l’inclusion dans la société doit être favorisée) dont on peut raisonnablement penser qu’ils sont doublés de motifs financiers (l’accueil en médico social coûte cher). La logique du jeune et de sa famille peut être inverse. Dans un contexte de tension sur le marché de l’emploi, le devenir des jeunes que nous accompagnons et qui pourrait bénéficier d’une formation professionnelle en milieu ordinaire est bien trop souvent celui de la précarité. Peu de jeunes en situation de déficience intellectuelle peuvent accéder à des emplois intéressant, stables, bien rémunérés et dans des conditions d’exercices décentes. Trop souvent il leur est proposé des CDD, des emplois peu qualifié dans des contextes professionnels qui peuvent être difficiles (batiment, espace vert, restauration).

L’intérêt du jeune est t-il alors d’accéder à un CAP puis de rentrer dans le marché de l’emploi ou bien d’aller en IMPRO et de prétendre à un poste en ESAT avec foyer d’hébergement ? Pour les parents dont l’inquiétude première est l’avenir du jeune à long terme (que deviendra t-il quand nous ne serons plus là ?), le choix de la sécurité l’emporte souvent même s’il est contradictoire avec une revendication précédente de poursuite de la scolarité en milieu ordinaire.

Toutes ces préoccupations qui animent nos équipes professionnelles (quel est le but de nos actions ?) trouvent une formulation adéquate dans le processus de bientraitance, d’où notre intérêt pour cette thématique et la réalisation de ces sessions de formation en interne. (A suivre)

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